Les scènes de bal dans les romans de Balzac : pouvoir et séduction
- Le bal, passage obligé du roman du XIXe siècle
- Lieu de rencontre
- Ritualisation du bal
- Un espace mystérieux : l'envers du décor
- La comédie sociale
- Le théâtre dans le bal. Le bal comme théâtre
- Theatrum mundi
- Le cercle de l'Enfer ?
- Poétique du bal, la destruction creatrice
- Libération des énergies
- Jubilation de l'auteur
- Dynamique de la scène de bal ou la puissance du démiurge
Entrer dans la danse, c’est entrer en Balzacie. Peut-être parce qu’il existe un rapport essentiel entre le bal et Balzac, un rapport inscrit dès le nom. Or, on sait l’importance que Balzac attache aux patronymes, auxquels il accorde une valeur programmatique ! On pourrait donc imaginer entrer dans le monde balzacien, par le truchement des scènes de bal, mises en scène à l’envi, avec, pour maître-à-danser –ou du moins pour maître de cérémonie, Balzac lui-même.
Image du cercle et du mouvement, le bal est un motif particulièrement propice à la représentation de la société, mais aussi de l’écriture : car il s’agit tout autant de représenter le bal -et de la société- que recourir au bal comme image, comme représentation de l’écriture. Chorégraphies scéniques et chorégraphies textuelles s’entrelacent car le bal est un miroir à double titre : il est à la fois le miroir d’une époque, d’une société et le miroir d’une écriture, d’une esthétique.
En effet, réunissant en un même espace, un groupe, une société qu’il enferme pour mieux observer ses relations, ses réactions, le bal fait d’abord figure de fenêtre ouverte sur le monde. C’est même le monde en miniature, car, en tant que divertissement, le bal est un vecteur des valeurs d’une société qu’il faut, à travers les apparences et les déguisements, savoir déchiffrer. En d’autres termes, dis-moi ce que tu aimes et je te dirai qui tu es.
Pourtant, alors qu’un certain nombre d’activités de la vie quotidienne et de divertissements ont fait l’objet d’une étude globale, aucune monographie n’a été consacrée au bal. Cercle harmonieux, cercle fermé, cercle mystérieux et occulte, il est un symbole multiple et variable. C’est donc l’occasion d’étudier ce motif qui se prête si bien à la variété de l’écriture balzacienne. Regard porté sur une époque, le bal est de plus un topos littéraire : il est à la fois une donnée historique, sociale (synchronique) et un motif littéraire (diachronique) qui offre la possibilité à l’auteur de réfléchir sur la pratique littéraire en général, et la sienne en particulier.
[...] Echec et mat donc, puisque Ferragus, Roi des Fous, réussit à empoisonner son adversaire. Et, par conséquent, renversement de l’ordre car c’est l’homme des bas-fonds, le Roi de Carnaval qui fait de l’aristocrate, du Roi légitime, un Fou. Puisqu’il montre un renversement de l’ordre social, le jeu d’échecs préfigure les scènes de Carnaval. Autrement dit, le jeu de massacre –l’empoisonnement de Maulincour déclenche en effet, comme dans un château de cartes, des morts en séries- se double d’un jeu de rôles. [...]
[...] Si brèves soient-elles, les scènes de rencontres jouent un rôle déterminant dans la fiction romanesque, qui dépasse largement le cadre de ces seules séquences. Aussi s’agit-il de voir comment le lieu du bal favorise les rencontres mais aussi de regarder ce que la scène, selon son déroulement, annonce pour la suite de l’intrigue amoureuse. a. Scènes de première vue Depuis la rencontre entre Madame de Clèves et Monsieur de Nemours, née à la faveur d’un ordre royal, le rôle du milieu social a longtemps pesé sur le topos romanesque de la scène de première vue[5]. [...]
[...] Et ainsi, ce n’est pas tant le divertissement, le jeu de hasard qui intéressent Balzac que le jeu d’argent ou même l’argent tout court. Car la page est saturée par le champ lexical de la richesse : relevons les termes ruiner les monceaux d’or et billets un banquier célèbre décavés de sommes considérables une masse d’or et de billets L’argent qui est désigné par le romancier comme le nouveau fatum moderne Hubris et châtiment Mettant en scène des destins tragiques, le bal se fait théâtre des passions. [...]
[...] Enfin, retour dans un bal institutionnel –mais à Paris, et chez les mondains . Et à chaque fois, l’amour, conditionné par le milieu, est contrarié : les bals d’amour sont en effet des bals malheureux, frappés par l’infortune. Comment ne pas entendre ici les échos de la musique romantique ? La variation fait nettement apparaître que, dès le premier bal, -et bien que celui-ci ait lieu dans un cadre idylle- la relation entre Emilie et Maximilien est placée sous le signe de l’amour impossible. [...]
[...] De fait, la modification du genre romanesque par les nécessités dramatiques est encore plus visible dans le statut des personnages, car,ainsi que le suggère Rose Fortassier: Comme le vrai théâtre, en effet, le monde chez Balzac possède une scène, des coulisses, un rideau, des banquettes ; il a sa troupe, grands rôles, comparses, figurants ; quant aux pièces représentées, grandes scènes, aparté, péripéties, coups de théâtre, dénouements prévus et imprévus, rien n’y manque, et même pas les changements à vue, et les multiples effets d’une mise en scène qui utiliserait toutes les ressources de la richesse et du talent. Balzac use du vocabulaire de la comédie ; il le prête à ses personnages b. Le personnage: héros romanesque ou personnage conventionnel de la comédie ? [...]
"La duchesse de Langeais", Honoré De Balzac
«L'existence d'un brasier impitoyable, tendu par le ''Vouloir''. ''Pouvoir'' provoque l'anéantissement. Le ''perpétuel état de calme'' de ''Savoir''.»
«« J'ai placé ma vie, non dans le coeur qui se brise, non dans les sens qui s'émoussent, mais dans le cerveau qui ne s'use pas et survit à tout. » Au sein son l'oeuvre La Peau de chagrin, Honoré De Balzac (1799-1850) nous fait part, on le comprend par cette phrase, de sa réflexion philosophique. Au...»
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«Le théâtre, genre littéraire et mode d'expression artistique naît en France au Moyen Age. Le mot théâtre est un mot du 12ème siècle, emprunté au latin « theatrum » et dérivé du grec, theatron « lieu de représentation, public, scène ». Le théâtre désigne quatre éléments différents : il est le...»
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