Le Père Goriot, Honoré de Balzac (1835)
- La vie de Balzac et le contexte social, politique, littéraire dans lequel l''uvre a vu le jour
- Le Père Goriot : un roman réaliste?
- L'intrigue du roman: un roman d'apprentissage
- Aussi un roman politique et social
- Jeu sur la sémantique
- Les personnages
« Un brave homme – pension bourgeoise, six cents francs de rente – s’étant dépouillé pour ses filles qui toutes deux ont cinquante mille livres de rente, mourant comme un chien » : tel est le résumé que l’on peut lire sur le manuscrit de Balzac qui contient le germe du Père Goriot. Pourtant, le livre est plus que le récit, douloureux, d’une agonie. C’est à la fois l’ « éducation sentimentale » d’un Frédéric Moreau qui se nomme Eugène de Rastignac, et le tableau d’une ville livrée aux plaisirs, d’une nouvelle Babylone, dont les habitants, même (et surtout) les plus distingués d’entre eux, se déchirent sans relâche. À l’image de la pension Vauquer, où loge notre héros, Le Père Goriot est un carrefour des destins. Un roman multiple, pluriel, qui restera au centre de la Comédie humaine. C’est à ce traité des passions que Balzac doit sa renommée ; et, comme il n’ignore rien de ce qui est humain, ce traité n’a pas de morale.
[...] Ces deux figures le mettent face à la réalité de la vie à Paris, et face à la nature humaine, dans ce qu’elle a de plus vicieux : moi et la vie, nous sommes comme un jeune homme et sa fiancée. Vautrin m'a fait voir ce qui arrive après dix ans de mariage nous livre Eugène. Quant à Mme de Bauséant, ses conseils sont aussi abominables que précieux : plus froidement vous calculerez, plus avant vous irez. Frappez sans pitié et vous serez craint. N'acceptez les hommes et les femmes que comme des chevaux de poste que vous laisserez crever à chaque relais, vous arriverez ainsi au faîte de vos désirs. [...]
[...] De ce point de vue, Balzac apparaît comme un avant-gardiste, un naturaliste avant le naturalisme. On ne peut ici s’empêcher de noter à quel point il avait déjà fait sienne la définition du naturalisme que Maupassant donnera, bien plus tard, dans sa préface de Pierre et Jean (1888) : le réaliste, s'il est un artiste, cherchera, non pas à nous montrer la photographie banale de la vie, mais à nous en donner la vision plus complète, plus saisissante, plus probante que la réalité même. [...]
[...] Les valeurs de la chevalerie (honneur, courage, courtoisie, charité), qui perduraient dans le XVIIIe mourant, ont définitivement cédé le pas au dieu-argent. L’argent, c’est la vie. Monnaie fait tout lâche Goriot. Et gardons- nous d’oublier que le XIXe siècle est, pour la France, celui des deux premières révolutions industrielles, celui du grand capitalisme. Un capitalisme sauvage qui, pas plus que l’ordre de l’Ancien Régime, ne pouvait a priori favoriser un rétrécissement du fossé social. Or la question sociale est au cœur du roman. Pour que les uns s’enrichissent, il faut nécessairement que les autres s’appauvrissent, semble nous dire Balzac. [...]
[...] Il [le père Goriot] frottait sa tête contre sa robe, [ . ] faisait des folies comme en aurait fait l’amant le plus jeune et le plus tendre Goriot, en fait, est simplement un égoïste et, de toute façon, tout dévouement n’est jamais que dévouement à soi-même. Tout se passe finalement comme si Goriot avait planifié son propre meurtre : son laxisme constant à l’égard de ses filles ne fait que préparer sa propre élimination. Vous leur donnez la vie, ils vous donnent la mort se lamente Goriot. [...]
[...] Ses propres mots sont éloquents : ce drame n'est ni une fiction, ni un roman : all is true À objectif scientifique, méthode scientifique, et la dédicace initiale Au grand et illustre Geoffroy-Saint-Hilaire, comme un témoignage d'admiration de ses travaux et de son génie n’est guère surprenante, si l’on considère que l’homme, naturaliste de talent, a montré que les espèces animales sont issues d'un principe unique et tiennent leurs différences des milieux où elles se développent. Milieu naturel ? Milieu social ? La théorie, et Balzac l’a compris, s’applique aussi bien à l’humain. D’où le choix d’un narrateur omniscient. L’auteur du Père Goriot se propose de dresser la nomenclature, la classification des espèces humaines en se fondant sur l'hypothèse d'un corps social identique à la faune naturelle. [...]
Balzac et la Gravure. Le père Goriot ou les théories Physiognomoniques
«La genèse de l'édition illustrée de la Comédie Humaine. Bertall et Daumier, deux caricaturistes au service du projet balzacien. La gravure, synthèse picturale et littéraire de la peinture de caractères. La physiognomonie au service du portrait. Trois gravures en regard du texte du père...»
«Les recherches du musée de Balzac sur l'historicité de l'édition Furne nous apprennent qu'en Octobre 1841, Honoré de Balzac signe un contrat avec les éditeurs Charles Furne, Jean-Baptiste Paulin, Jacques-Julien Dubochet et Pierre-Jules Hetzel pour l'édition de ses oeuvres complètes sous le titre...»
Honoré de Balzac, Le Père Goriot
«Biographie de Honoré de Balzac. Bibliographie indicative de ses principales oeuvres. Résumé du livre. Les personnages principaux. Le Père Goriot. Eugène de Rastignac. Vautrin. Les thèmes. Le drame de la paternité. Le pouvoir corrupteur de l'argent. Avis personnel.»
«A Paris, en 1819, dans la Pension Vauquer, une sordide pension bourgeoise, arrive un jour un jeune étudiant en droit, Eugène de Rastignac, tout droit débarqué de son Périgord natal. Rapidement, il fait la connaissance des habitués de la pension, dont Vautrin, un ancien forçat qui se fait passer...»
L'évolution du théâtre en France à travers les siècles
«Le théâtre au Moyen Age. Le théâtre à la Renaissance. Le théâtre au 18ème siècle. Le théâtre au 19ème siècle. Le théâtre au 20ème siècle.»
«Le théâtre, genre littéraire et mode d'expression artistique naît en France au Moyen Age. Le mot théâtre est un mot du 12ème siècle, emprunté au latin « theatrum » et dérivé du grec, theatron « lieu de représentation, public, scène ». Le théâtre désigne quatre éléments différents : il est le...»
Le Surréalisme
«Les origines du surréalisme. Guillaume Apollinaire et Sigmund Freud. Le Dadaïsme. Les fondements du surréalisme. André Breton (1896-1966). Philippe Soupault (1897-1990). Paul Crevel (1900-1935). Benjamin Péret (1899-1959). Paul Eluard (1895-1952). Louis Aragon (1897-1982). Robert Desnos...»
«Le Surréalisme est un courant littéraire et artistique avant-gardiste né après la première guerre mondiale à Paris. Cette désignation trouve son origine dans une expression de Guillaume Apollinaire de 1917 et a été consolidée sur une base théorique par le Premier Manifeste du Surréalisme d'André...»
