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Informations sur l'auteur

enseignante
Niveau
Avancé
Etude suivie
littérature
Ecole, université
université...

Informations sur le doc

Date de publication
05/06/2007
Langue
français
Format
Word
Type
fiche de lecture
Nombre de pages
8 pages
Niveau
avancé
Téléchargé
3 fois
Validé par
le comité Oboulo.com
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Pascal Quignard, Le Nom sur le bout de la langue

  1. La forme brève du conte qui mêle registre merveilleux et habileté narrative
  2. Le symbolisme mythique et religieux
  3. L'ambiguïté entre fiction et réalité

Dans « Froid d’Islande », le texte préfaciel à son livre Le Nom sur le bout de la langue, Pascal Quignard énonce son projet d’écriture : « Je racontai le rudiment d’un conte dans lequel la défaillance du langage était la source de l’action. Ce motif me paraissait le destiner, mieux que toute autre légende, à la musique. Les musiciens, comme les enfants, comme les écrivains, sont les habitants de ce défaut » (p.9-10). On voit au travers de ces quelques lignes les différentes facettes du projet littéraire qui meut l’ensemble de son œuvre.
Il apparaît en effet que les formes d’expression qu’il emprunte appartiennent souvent à la fiction. Pensons à ses romans comme Les Escaliers de Chambord, et à ses courts récits, de véritables contes, dont Tous les matins du monde et Le Nom sur le Bout de la langue – en tout cas en partie pour ce dernier texte - sont deux exemples. Il les considère comme les formes privilégiées dans la transmission des messages et des idées qu’il souhaite formuler. On verra donc en quoi la diversité formelle de l’expression de Pascal Quignard est vectrice de richesse, ce à travers la forme brève du conte qui mêle registre merveilleux et habileté narrative, à travers le symbolisme mythique et religieux, mais aussi au travers de l’ambiguïté entre fiction et réalité.

[...] In Le Nom sur le bout de la langue, p.85. In Tous les matins du monde, p.55. In Le Nom sur le bout de la langue, p.14. In Tous les matins du monde, p.80. In Le Nom sur le bout de la langue, p.10. In Le Nom sur le bout de la langue, p.73. In Le Nom sur le bout de la langue, p.73. In Tous les matins du monde, p.66. In Tous les matins du monde, p.67. [...]


[...] Quignard s’interroge donc bien sur la question de l’écriture, mais également sur la question de l’écrivain en tant que figure. On verra que se dessine, comme en filigrane, au long de ses œuvres, une écriture de l’indicible et de l’indécidable. Comme la musique et le langage des enfants (les infans, ceux qui ne parlent pas encore), l’écriture habite le défaut de la langue : Un écrivain se définit d’ailleurs simplement par ce stupor dans la langue La position de Quignard face à l’écriture est celle du désir. [...]


[...] Il joue sur la polysémie du terme sidération (à la fois la transformation en pierre de quiconque regarde le visage de Méduse, et stupéfaction, caractère sidérant du mot sur le bout de la langue) et mêle mythe et théorie du langage. Il évoque ensuite Persée qui a affronté Méduse, pour comparer ce sens mythologique à la posture d’affrontement de l’homme face au mot qui lui échappe : cette crispation sur le mot à trouver, sur le mot qui fait défaut (p.85). [...]


[...] Il n’y a pas qu’une seule façon de dire les choses. Exprimer la défaillance du langage, c’est trouver les différents modes d’expression adéquats : le traité, le conte, le récit transpersonnel, la parabole Simplement écrire d’avant le langage, parler du cours du temps au fond de nous, tel est le défi insensé et fondamental de Pascal Quignard, car pour lui, notre destin dépend de ces irruptions de ces images de jadis. Voilà ce qu’est pour lui l’écriture : Eprouver en pensant ce qui cherche à se dire avant même de connaître. [...]


[...] Précisons que ce conte a été créé pour être mis en musique : la commande d’un conte l’Ensemble instrumental de Basse-Normandie que dirigeait Dominique Debart (p.9). Quignard définit ainsi la musique : ce guet de langue perdue. La musique est cela pour moi ; La musique aussi est une langue humaine chuchote Sainte- Colombe à Marin Marais (p.63). Les mouvements, les inflexions de voix, les soupirs, tout fait musique pour le joueur de viole. Dans Tous les matins du monde, il réaffirme l’antécédence de la musique sur le langage. La musique est finalement le rejet d’une mise au silence brutale de la langue. [...]

...

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