Merveilleux et licencieux dans les Contes de Perrault
- Le merveilleux contaminé par le licencieux : présence problématique du merveilleux dans les Contes
- Du merveilleux au vraisemblable
- Allusions licencieuses
- Merveilleux vs rationnel. Les Contes, histoires ou contes du temps passé ?
- Des récits transgressifs : d'une esthétique de la cruauté à une volonté éthique
- Transgression et lecture psychanalytique : le conte, genre sérieux ?
- Violence et horreur : une esthétique de la cruauté
- La portée morale des Contes : une littérature édifiante ?
- Liberté créatrice et voix merveilleuses
- Licence poétique. Poétique de la licence
- Deux publics, deux lectures et deux... conteurs
- Les voix merveilleuses. Le langage, véritable enjeu des Contes ?
Depuis plusieurs décennies, les Contes de Perrault ont été surtout lus selon deux approches, celle de la littérature enfantine et celle de la critique psychanalytique. La première s’est attachée à l’univers merveilleux des contes pour enfants ; la seconde, aux références sexuelles et psychanalytiques. En d’autres termes, la première a examiné la part de merveilleux ; la seconde, la part de licencieux. Mais l’on ne saurait oublier l’aspect proprement littéraire des Contes. Écrite à la fin du XVIIe siècle, l’œuvre s’inscrit dans le cadre de « la mode des contes de fées », selon l’expression de M.-E. Storer, tout autant que dans le cadre de la fameuse Querelle des Anciens et des Modernes. Perrault étant l’un des chefs de file des Modernes, les Contes peuvent aussi être lus, dans une certaine mesure, comme un manifeste littéraire. Et cela notamment en ce qui concerne la dimension morale, chère aux Modernes. Perrault affiche en effet, dès la Préface aux contes en vers de 1694, une intention morale et pédagogique.
Il s’agira donc de mettre en relation les deux aspects majeurs de l’œuvre -le merveilleux et le licencieux- le plus souvent étudiés de manière séparée et de s’interroger sur les raisons de cette alliance. Alliance éminemment paradoxale entre le merveilleux, qui sollicite l’imaginaire, et le licencieux, qui fait appel à des références légères ou vraisemblables ; alliance paradoxale entre le goût populaire et le goût précieux. Les Contes, objet hybride ? Beau monstre, fruit de deux esthétiques contradictoires? Terme polyvalent, le licencieux renvoie aussi à une transgression d’ordre moral. Enfin, dans une troisième acception, il renvoie à la libération des formes esthétiques. Aussi, peut-on étudier comment le licencieux, qui ne peut s’exprimer aussi largement que grâce à l’éloignement spatio-temporel permis par le merveilleux, loin de limiter ce dernier, le déplace sur la sphère de l’écriture.
Le merveilleux se voit progressivement contaminé par le licencieux, qui donne une tonalité ludique aux Contes. Mais le licencieux étant aussi transgression, il nous faut nous interroger sur la portée morale de l’œuvre affichée dans la Préface aux contes en vers. Dépassant le simple cadre thématique, la transgression concerne aussi l’esthétique des Contes. Elle devient alors libération formelle. Dès lors, le licencieux pourrait redonner « voix » au merveilleux à travers la figure du conteur. C’est-à-dire déplacer le merveilleux au niveau de l’écriture.
[...] Faut-il plutôt parler d’hybridité, de beau monstre ? La critique a beaucoup souligné la volonté de créer un style naturel, presque une absence de style. Mais cette absence de style n’est qu’apparente, comme le met en évidence Raymonde Robert, qui évoque une simplicité si habile que les lecteurs ultérieurs s’y tromperont et prendront pour argent comptant la naïveté des textes1.» La prose permet une brièveté qui renforce le sentiment de simplicité et d’efficacité alors même que l’efficacité n’est possible que par une élaboration savante du style. [...]
[...] La pauvreté des personnages mis en scène se lit d’ailleurs dans le titre des deux contes. Ce sont les seuls qui ont recours à l’adjectif petit qui peut renvoyer à la fois à la jeunesse des protagonistes et au caractère humble de leur condition Perrault, à travers cet éloge du roi, montre ses talents de poète officiel et son souci d’être bien en cour. Cependant les fées commencèrent à faire leurs dons à la Princesse. La plus jeune lui donna pour don qu’elle serait la plus belle personne du monde, celle d’après qu’elle aurait de l’esprit comme un Ange, la troisième qu’elle aurait une grâce admirable à tout ce qu’elle ferait, la quatrième qu’elle danserait parfaitement bien, la cinquième qu’elle chanterait comme un Rossignol, et la sixième qu’elle jouerait de toutes sortes d’instruments dans la dernière perfection. [...]
[...] Or, selon Michèle Simonsen, Perrault, qui revendique la seule tradition orale populaire, aurait eu accès à des contes uniquement issus des répertoires de femmes : (les conteurs masculins -marins, soldats éloignés de leur famille- racontaient plutôt les exploits de héros masculins). Perrault semble laisser entendre que les contes sont racontés, selon la tradition orale, par des conteuses. Explication qui justifierait la différence de ton et de forme existant entre le récit lui- même et la moralité. Le licencieux en tant que liberté créatrice prend donc également la forme du travestissement. [...]
[...] Cet intérêt porté au public enfantin est donc, à son époque, propre à l’auteur des Contes de ma mère l’Oye Roger Zuber, op.cit., p.284. III. Liberté créatrice et voix merveilleuses La Querelle n’a pas pour unique enjeu des données morales ; elle sonne comme un véritable renouveau de la pratique littéraire. L’originalité de Perrault ne résiderait donc pas tant dans l’alliance entre le merveilleux et le licencieux (déjà pratiquée par La Fontaine, dans ses Amours de Psyché et de Cupidon notamment) mais dans les répercussions que cette alliance fait subir à l’écriture. [...]
[...] En effet, même les petites filles sont associées à ce thème : les filles du couple d’ogres du Petit poucet, telles des vampires en puissance, mordaient déjà les petites enfants pour en sucer le sang ! L’œuvre de Perrault exploite toute la gamme de la couleur rouge : rouge vif du chaperon, rouge foncé du sang caillé des femmes assassinées par Barbe bleue. Le motif du sang permet de combiner les différents éléments de l’esthétique de la cruauté : sexualité, passion, faute, et mort. Est réaffirmé le goût de l’œuvre pour la violence. [...]
Les Contes de Perrault et le Moyen-âge
«La domination de la religion catholique. L'exigence de bienséance. L'atténuation du merveilleux. Un classicisme revisité selon les goûts de Perrault.»
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L'évolution du théâtre en France à travers les siècles
«Le théâtre au Moyen Age. Le théâtre à la Renaissance. Le théâtre au 18ème siècle. Le théâtre au 19ème siècle. Le théâtre au 20ème siècle.»
«Le théâtre, genre littéraire et mode d'expression artistique naît en France au Moyen Age. Le mot théâtre est un mot du 12ème siècle, emprunté au latin « theatrum » et dérivé du grec, theatron « lieu de représentation, public, scène ». Le théâtre désigne quatre éléments différents : il est le...»
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«Le roman et ses personnages. Structure de L'Oeuvre. L'Oeuvre : étude tabulaire. Les personnages du roman. Le projet réaliste en littérature chez Zola. Les personnages artistes : des personnages conçus comme des idéal-types. Paris personnage de L'Oeuvre. L'Oeuvre, roman sur le milieu artistique de...»
«On a beaucoup commenté L'Oeuvre de Zola, publié en 1886, quatorzième roman des Rougon Macquart et presque toujours pour analyser ce roman comme un document qui nous renseignerait sur la vie du groupe impressionniste et sur les idées de Zola en matière d'art. Le texte du roman invite les lecteurs à...»
