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Informations sur l'auteur

étudiant
Niveau
Avancé
Etude suivie
philosophie
Ecole, université
Université...

Informations sur le doc

Date de publication
10/10/2006
Langue
français
Format
Word
Type
mémoire
Nombre de pages
12 pages
Niveau
avancé
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3 fois
Validé par
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Hegel et l’ironie

  1. Ironie, entre langage et éthique
    1. l'énonciation ironique
    2. L'ironie contre la morale
  2. Ironie et critique du romantisme allemand
    1. Pourquoi l'ironie est le mal
    2. Méprise et contresens
  3. L'ironie dans la dialectique hégélienne
    1. La forme adéquate de l'ironie
    2. L'ironie comme négativité dialectique

L’ironie n’est pas seulement pour Hegel un problème philosophique, c’est aussi un objet, dont il entend bien se servir. Comme titre de cette étude, on a opté pour « Hegel et l’ironie » plutôt que « l’ironie hégélienne », par exemple. Il y a à cela un sens. Par cette formule simple, on entend réfléchir sur la façon dont Hegel semble vouloir en découdre avec le premier romantisme, car l’ironie n’a qu’une portée critique, du moins dans l’Esthétique, adressée en premier lieu à Friedrich Schlegel. « L’ironie hégélienne » n’aurait pas eu beaucoup de sens dans la mesure où Hegel ne développe pas à proprement parler une pensée de l’ironie même s’il consent à la situer dans le moment négatif de la dialectique, elle apparaît bien plutôt comme une notion essentiellement (ou conceptuellement) contestataire.
Ceci nous amène à considérer la question suivante : qu’est ce qui fait problème dans l’ironie pour la philosophie de Hegel ? et comment traite-t-il cette question dans l’Esthétique ?
A la première question, on pourrait répondre : la philosophie de Hegel elle-même. Car dans la réconciliation hégélienne bien connue de l’idée et du réel concret, l’ironie vient jouer le rôle diabolique de court-circuit. Toutefois c’est bien plus, puisque l’ironie est l’objet – et presque le prétexte – d’un affrontement d’objectifs philosophiques entremêlés.
Nous tacherons pour y voir plus clair de comprendre la manière dont Hegel aborde dans son esthétique la question de l’ironie, qui se présente comme un problème de langage.
Ensuite, nous mettrons notre analyse en perspective pour montrer que par l’ironie Hegel exerce une critique du premier romantisme, et pas seulement de Schlegel.
Enfin, nous examinerons à travers le Solger de Hegel quelle réhabilitation de l’ironie est possible, ce qui pose en fait la question du comment.

[...] Hegel et l’ironie Schlegel predict gegen Hegel Für dem Teufel schiebt er Kegel. Hegel spottet über Schlegel, Sagt, er schwatz’ohn’alle Regel. Schlegel spannt der Mystik Segel ; Hegel faßt der logik Flegel. Kommt, ihr Deutschen, Kind und Kegel Von der Saar, bis an der Pregel ! Schaut, wie Schlegel kämpft mit Hegel ! Schaut, wie Hegel kämpft mit Schlegel ! A. W. Schlegel[1] Introduction L’ironie est apparue en Grèce antique à l’époque de Platon, par conséquent il y a plus de vingt-cinq siècles. [...]


[...] Kaan 380jp. Hegel, Phénoménologie de l’esprit, Paris, Aubier, trad. J.-P. Lefebvre p. Jankélévitch, Vladimir, L’ironie, Paris, Flammarion, coll. Champs p. Platon, La République, Paris, Garnier Flammarion, trad. R. Baccou p. [...]


[...] / Regardez comment Hegel se bat contre Schlegel ! Behler, Ernst, Ironie et modernité, Paris, Presses Universitaires de France, coll. Littératures européennes trad. Olivier Mannoni p -10. Behler, op. cit., p Ibid, p Dans l’Ethique à Nicomaque, Aristote fait de l’ironie une attitude de feinte par atténuation de la vérité par opposition à la vantardise, qui consiste en une exagération (II a 21). D’après son sens étymologique grec dia/bolos signifie se jeter au travers de, mais aussi calomnier, accuser (dðiðaðbðaðlðlðeðiðnð) ; ce que fait l ironie au système de Hegel, qui la qualifie de mal absolu p des Principes de la philo du droit. [...]


[...] cit., p Hegel, Esthétique, pp. 232-233. Ibid, p Hegel, Esthétique, p Racine, Andromaque Acte scène 5. Solger, cité in Hegel, Principes de la philosophie du droit, p Hegel, Esthétique, p Idem. Reid, Jeffrey, Hegel, critique de Solger : l’échec d’une expression ironique et le problème de la communication scientifique préface au Compte rendu des Ecrits posthumes et Correspondance de Solger, p Hegel, L’ironie romantique, Compte rendu des Ecrits posthumes et de la correspondance de Solger, p Reid, Jeffrey, op. cit., p Ibid, p. [...]


[...] C’est ce contenu qui est spéculatif, toutefois la grâce accordée à l’ironie est toute relative. En effet, pour artistique qu’elle puisse être, l’ironie n’est jamais traitée dans la problématique de l’idéal hégélien de l’art beau, puisqu’elle demeure son opposée. Elle reste indigne. La place que Hegel dans son système réserve à l’ironie est donc celle du moment de la négativité dialectique qui anime le concept, mais elle n’ira jamais au-delà. L’ironie comme négativité dialectique Une question se pose ici. Pourquoi l’ironie de Solger est-elle spéculative et pas l’ironie romantique au sens générique ? [...]


[...] Elle, n’est pas une forme mais un formalisme du moi qui n’a d’effectivité, comme l’insinue Hegel, que sa nocivité pour le Moi. Toutes les observations qui ont été ici faites sont une critique de Schlegel, le seul à avoir été ici nominativement désigné, mais l’ironie a fait école auprès des romantiques de Iéna et Hegel entend plus largement les réfuter. II) Ironie et critique du romantisme allemand A ce stade, Hegel n’a pas encore évoqué l’ironie dans son contexte artistique, pourtant sa critique de Schlegel s’est déjà déployée alors que celui-ci exhume d’emblée l’ironie comme une figure littéraire, qui consiste en un processus de réflexion : entre d’une part la pensée créatrice qui donne vie à des mondes entiers et qui peut effectivement se rapprocher en cela d’une génialité divine et d’autre part une autre pensée, l’esprit comme hors de lui-même, qui plane au-dessus de la première et la met en question[14]. [...]


[...] En quoi consiste cette philosophie ? Hegel la résume de cette manière : Concernant la connexion plus étroite entre les assertions de Fichte et l’une des tendances de l’ironie, il nous suffit de mettre en relief le point suivant : Fichte fixe le moi comme principe absolu de tout savoir, raison et connaissance ; un moi qui, de plus, demeure abstrait et formel. [ ] Tout ce qui n’est pas l’œuvre du moi, et ce qui n’est que par mon œuvre, je peux aussi bien l’anéantir à nouveau L’ironie suivant cette interprétation plutôt libre de Fichte est donc pour Hegel un principe semblable à celui de l’ ego transcendantal et qui confère au Moi une puissance, celle de créateur de mondes révocables à l’envi.[10] L’apparence et le Moi divin Hegel, joue sur l’ambiguïté entre l’ironie comme attitude face au monde et comme attitude créatrice, dans un rapport à l’œuvre d’art. [...]


[...] La deuxième ironie, plus subtile, est décrite par E. Behler, se référant ici sans cesse à Schlegel, de la façon suivante : Dans sa version plus fine, objective l’ironie est l’éther de la poésie, une conscience critique si profondément intégrée à l’œuvre que l’on remarque à peine la présence de l’auteur et que celui-ci plane plutôt au-dessus de son œuvre, comme l’affirme la terminologie qui l’accompagne, plutôt que d’apparaître dans cette œuvre sous une forme disruptive . Ces deux types d’ironie que développe Schlegel se présentent comme des outils permettant une grille d’interprétation plus profonde des œuvres littéraires passées et présentes. [...]


[...] Il semble au contraire que l’ironie comme dédoublement du moi créateur soit justement en mesure d’exercer l’autocritique la plus percutante, c’est d’ailleurs en cela que l’ironie schlegelienne est autodestructrice. Hegel ne s’arrête pas à Schlegel, il voit une forme d’ironie chez Novalis, qui consiste en une impossibilité d’action réelle qui s’explique par une pluralité de caractères dans un même esprit doublé d’un mépris pour la concrétude du monde qui aboutit à une forme d’inertie. Novalis, l’une des âmes les plus nobles que l’on trouve sur ce plan, a été poussé par l’absence d’intérêts déterminés vers l’aversion de la réalité, et est devenu pour ainsi dire la proie de la consomption de l’esprit. [...]


[...] De plus remarque Hegel, l’ironie est négative et ne peut donner lieu à aucune forme d’art accomplie en ce qu’elle se trouve toujours en défaut, ce manque est justement engendré par le refus de tout principe stable substantiel et essentiel Un désir d’objectivité s’insinue en creux et taraude l’ironie. Cette objectivité c’est une idée du divin, voilà pourquoi Hegel conjugue esthétique et éthique. L’ironique mène une existence dissolue parce qu’il est une sorte d’incroyant, qui ne règle pas sa vie selon des préceptes stables et établis, il est condamné à une désorientation qui le fait se réfugier dans son intériorité. [...]

...

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