« Familles, je vous hais », Gide
- La famille, une instance facilement critiquable : `famillles, je vous hais'
- Une instance vers laquelle on se retourne finalement : `familles, je vous aime'
Mise à jour 16.05.13 Dernière ligne droite des révisions avant le bac ! Nous vous proposons aujourd'hui un document populaire en littérature pour vous épauler.
La phrase complète d’André Gide extraite des Nourritures Terrestres est « Familles, je vous hais ! Foyers clos ; portes refermées ; possessions jalouses du bonheur. » Il exprime là une abomination pour la famille qui permet pourtant la « socialisation primaire » absolument nécessaire au développement de l’enfant. Alors pourquoi ce refus ? En quoi le cri de Gide a-t-il une résonance encore aujourd’hui ? En quoi la famille a-t-elle été remise en cause ? N’y a-t-il pas également une volonté de retourner à cette première instance de socialisation ? Pourquoi la famille ?
A l'origine le terme vient de famulus qui signifie serviteur: c'était donc l'ensemble des serviteurs ou des esclaves vivants sous un toit. Par extension la famille a englobé tous ceux qui vivaient sous un toit et qui étaient soumis au père de famille. Aussi, dès l’origine, la famille était-elle un terme à connotation péjorative. La famille désigne donc un ensemble de personnes unies par des liens de parenté. Aujourd’hui, la famille, qu’elle soit « nucléaire » (c’est-à-dire juste les parents et les enfants) ou « élargie », est soumise à toutes sortes d’évolutions comme la banalisation du divorce (en France un mariage sur trois fini en divorce, en Île de France, un sur deux) qui tendent à la remettre en cause.
Ainsi, à travers la phrase de Gide, on va voir en quoi cette remise en cause est légitime mais aussi pourquoi, finalement, on se retourne très souvent vers cette instance de « socialisation primaire ».
[...] La provocation d’André Gide Familles, je vous hais ! qui eut beaucoup de succès dans les années 1960 est remplacée aujourd’hui par la formule : Familles, vous nous manquez . On ressent un manque notoire de la famille qui prouve que la famille, loin d’être haïe, reste aimée et nécessaire à la société. C’est pourquoi, en cette période de violences urbaines, beaucoup remettent en cause les familles qui n’ont pas su éduquer leurs enfants. Ainsi, bien qu’il soit tentant d’adhérer à la formule de Gide car on est bien conscient que les troubles, les névroses des adultes proviennent souvent de l’enfance, la famille reste néanmoins la seule instance capable de donner aux enfants une socialisation primaire qui sera la base essentielle pour leur vie d’adulte. [...]
[...] Par exemple, si une personne commet un crime et si elle le confie à ses parents, il y a de fortes chances pour que les parents ne le dénoncent pas. La justice est donc bien compromise. La famille cherche à tout prix à protéger ses membres même si cette protection est injuste ou peut aboutir à une situation inégalitaire. C’est bien ce que dit Marguerite Duras à son fils. Elle lui dit que l’amour maternel est ce qu’il y a de pire au monde car, quoique fasse son enfant, elle l’aimera toujours. [...]
[...] La famille désigne donc un ensemble de personnes unies par des liens de parenté. Aujourd’hui, la famille, qu’elle soit nucléaire (c’est-à-dire juste les parents et les enfants) ou élargie est soumise à toutes sortes d’évolutions comme la banalisation du divorce (en France un mariage sur trois fini en divorce, en Île de France, un sur deux) qui tendent à la remettre en cause. Ainsi, à travers la phrase de Gide, on va voir en quoi cette remise en cause est légitime mais aussi pourquoi, finalement, on se retourne très souvent vers cette instance de socialisation primaire La famille, une instance facilement critiquable : Famillles, je vous hais On voit dans la phrase complète de Gide qu’il haït les familles pour des raisons clairement énoncées. [...]
[...] Même devenu adulte, la famille restera pour lui un lieu où il pourra se réfugier et être en sécurité. Tout en étant un lieu assurant la sécurité, la famille permet aux enfants, à l’aide d’obstacles qu’elle met sur leur chemin, de les faire grandir. Ainsi, les parents sont à la fois des exemples et des obstacles à contourner. L’enfant, pour se développer, doit d’abord s’identifier à ses parents pour ensuite les remettre en cause et les voir non pas comme des idéaux mais comme des êtres humains avec leurs défauts et leurs qualités. [...]
[...] En réponse à Gide, de plus en plus affirment Familles, je vous aime II) Une instance vers laquelle on se retourne finalement : Familles, je vous aime Dans sa famille l’enfant acquiert des compétences aussi fondamentales que parler, se laver, s’habiller, obéir aux grands, protéger les plus petits (c’est-à-dire la convivialité entre personnes d’âges différents), partager, participer à des jeux collectifs en respectant des règles, prier si la famille est pratiquante, distinguer de façon primaire ce qui est bien de ce qui est mal selon les principes de la communauté à laquelle il appartient, etc. Tout cela compose ce que les chercheurs appellent la socialisation primaire C’est au cours de celle-ci que l’on apprend les principes moraux qui seront considérés comme vrais jusqu’à la fin de sa vie. Mais dans les cas défavorables, s’enracinent des préjugés qu’il sera plus tard impossible d’extirper. [...]
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