D'un besoin déthique
- Généalogie d'un besoin d'éthique
- De l'utilité régulée - Généalogie philosophique
- Ainsi parlait Karamazov - Généalogie théologique
- L'éthique médicale et l'esprit du prométhéisme - Généalogie épistémologique
- Un mal sans frontières ni limites - Généalogie morale
- Ecce Ethica
- Un contrat social - Une consistance philosophique
- Une « religion dans les limites de la simple raison » ? - Une consistance théologique
- Je « panse », donc je suis - Une consistance empirique et humaniste
- L'esprit des lois éthiques- Une consistance juridique
- L'éthique comme vocation
- « Projet de paix perpétuelle » - Une finalité pacifiste
- Pour un enchevêtrement du ciel et de la terre - Une finalité réunificatrice
- A la rescousse du genre humain - Une finalité salvatrice
- A la recherche de la Banalité du bien - Une finalité pratique
Le 9 décembre 1946, conformément à l’ordre nº68 du gouverneur militaire américain en Allemagne du 25 octobre 1946, commence le procès des médecins nazis, dit le « Procès de Nuremberg ». Faisant suite au très célèbre procès au cours duquel vingt-deux dignitaires du parti nazi, de l’armée allemande et du troisième Reich furent condamnés, il a vu jugés vingt médecins et trois scientifiques impliqués dans des expérimentations médicales que l’on peut qualifier aujourd’hui d’inhumaines, d’impensables, voire même d’indicibles. C’est indubitablement à cette occasion que les atrocités commises ont bouleversé la conscience humaine et que pour la première fois, les juges ont pris la mesure du vide juridique mais également éthique dans le domaine des expérimentations scientifiques faites sur l’homme. Le code de Nuremberg a été alors conçu pour juger les actes devenus criminels. Il a constitué, comme l’écrit Bruno Halioua :
« Le point de départ de la prise de conscience des dangers des progrès de la science, avec les dérives qu’elle peut susciter, et de la nécessité de l’encadrer par un certain nombre de règles » .
Il est coutumier de voir dans le Serment hippocratique les origines de l’éthique médicale. Constituant le code déontologique symbolique du médecin, il a été intégré à de multiples cultures, notamment dans le christianisme. Entre le Serment et le Code de Nuremberg, nous n’avons pas une quantité suffisamment conséquente de traités, voire de textes éthiques marquants. Si le Code de Nuremberg a suscité une prise de conscience inédite tributaire des avancées scientifiques du monde moderne, c’est parce que le monde ne pensait pas que de telles atrocités auraient pu être commises un jour. Nous pouvons penser, pour étayer notre propos, à la phrase de David Rousset que l’on retrouve dans la préface du Système totalitaire de Hannah Arendt, à savoir que « Les gens normaux ne savent pas que tout est possible ».
Mais n’y aurait-il pas autre chose derrière cela ? L’absence d’évolution éthique pendant des siècles n’aurait-elle pas fait évoluer en parallèle un « besoin d’éthique » dont les crimes commis par les médecins nazis d’une part et l’émergence du Code de Nuremberg d’autre part constitueraient des symboles ? Nous allons étudier ce besoin d’éthique, ce qui nous permettra de nous demander comment il a pu évoluer pour exploser à partir de la Seconde Guerre mondiale. Mais avant cela, en guise de prolégomènes, nous allons entamer un travail définitionnel puis, en partant d’une citation de Jacques Ruffié, nous tenterons de comprendre en quoi la liberté doit être un présupposé nécessaire à tout besoin d’éthique. Ainsi, nous pourrons problématiser ce syntagme et songer à sa conceptualisation.
[...] En quoi cela pourrait consister ? Et comment pourrait-on y parvenir ? Nous pourrions parler de banalité du bien à propos d’une attitude qui nous pousserait à bien agir, ou du moins agir selon des principes éthiques sans même s’en apercevoir. Autrement dit, elle pourrait définir l’attitude du professionnel de santé qui agit éthiquement, naturellement, sans réfléchir aux caractéristiques éthiques de ses actions et de ses décisions. Si cela n’est pas dénué de défauts et si c’est en apparence plus utopique qu’autre chose, nous pouvons néanmoins nous demander comment y parvenir. [...]
[...] Ne doit- on pas avoir besoin de l’éthique au nom d’un besoin de croire en certaines valeurs ? Nous répondrons plus précisément à cette question dans notre conclusion. Mais avant cela, nous allons passer à notre dernière sous- partie en tentant d’envisager le besoin d’éthique comme un moyen pour éliminer le non-éthique du milieu médical et ainsi, de bien agir sans s’en apercevoir ou, autrement dit, de vivre dans une sorte de banalité du bien À la recherche de la Banalité du bien - Une finalité pratique Que ce soit dans Eichmann à Jérusalem, dans Questions de philosophie morale ou encore dans La vie de l’esprit, Hannah Arendt parlait de banalité du mal comme d’une notion problématique tendant à mettre en avant l’extrême insignifiance du criminel Adolf Eichmann face à l’extrême monstruosité de ses crimes d’une part et l’indifférence qu’ont suscité en Allemagne les horreurs commises par les nazis d’autre part. [...]
[...] Tout est permis, par conséquent tout est licite ? Cette célèbre citation empruntée à Dimitri Karamazov lors d’une conversation avec son frère Aliocha résume bien l’intitulé de la partie que nous allons appréhender désormais. En effet, nous allons essayer de comprendre en quoi la mort de Dieu annihile toute possibilité de moralité et en quoi l’éthique permet d’empêcher cela, plus précisément dans un contexte biomédical. Nous pouvons trouver le lien entre l’absence de Dieu et l’urgence éthique dans une conférence de Hannah Arendt intitulée Questions de philosophie morale[20]. [...]
[...] GINESTE, Yves & PELISSIER, Jérôme. Humanitude : comprendre la vieillesse, prendre soin des hommes vieux. Éditions Armand Colin ; 2007. GINESTE, Yves & MARESCOTTI, Rosette. Historique de la méthodologie de soin Gineste-Marescotti Disponible à l’adresse suivante : http://www.igm- formation.net/index.php?option=com_content&task=view&id=18&Itemid=33 GIRARD, René. Des choses cachées depuis la formation du monde. Éditions du livre de poche ; 1978. HABERMAS, Jürgen. De l’éthique de la discussion ; Champs, Flammarion ; 1992 ; Paris. [...]
[...] Ibid Ibid Un aboutissement de la rencontre entre médecine et biologie supposant un contexte scientifique avancé. La pharmacologie est la discipline qui étudie les mécanismes d'interactions entre un principe actif et l'organisme dans lequel il évolue de façon à pouvoir ensuite utiliser ces résultats à des fins thérapeutiques. Ainsi, elle intègre des concepts et données issus de la physiologie, physiopathologie, biochimie, génétique et biologie moléculaire. Elle est à la fois pharmaceutique et médicale et est fortement liée à la recherche clinique. SEBAG-DEPADT, Valérie. Droit et bioéthique in Éthique, médecine et société. [...]
[...] Rawls postule que la conception du Bien résulte d’une délibération ; il s’efforce alors d’identifier une conception de la justice qui puisse tenir compte du multiculturalisme dans une seule et même société. C’est pour cela qu’il s’inspire de la théorie du Contrat social, dans la mesure où elle conçoit la société comme le produit d’un accord passé entre tous ses citoyens. Il s’agit alors d’établir un cadre où l’on peut déterminer les principes de justice qui pourraient satisfaire l’intégralité de la population. Or, un problème se pose ici. En effet, chacun sera logiquement tenté de choisir un principe qui le favorisera en fonction de sa situation personnelle. [...]
[...] Ils sont au nombre de quatre, je leur dois tout. La richesse de leur pensée et de leurs propos est une richesse considérable sans lesquels ma faculté de penser serait bien plus terne qu’elle ne l’est. Merci à monsieur Jean Salem pour m’avoir communiqué par ses cours un désir d’apprendre, de découvrir toujours plus, de faire descendre la philosophie dans le monde concret, mais également pour sa sympathie qui, enchevêtrée à sa connaissance extraordinaire, ont fait de tous ses enseignements un véritable plaisir. [...]
[...] Nuremberg constitua alors l’apogée du vide éthique lié à l’absence de pensée et donc de conscience. L’idée de rupture positive constituant à sa manière l’apogée du vide éthique a eu lieu dans la période des Trente Glorieuses. Si le Code de Nuremberg comme nous l’avons vu, mis en lumière les dangers d’une science non encadrée en Europe, il a eu peu d’échos aux États-Unis. Pire, la recherche américaine a donné lieu à plusieurs scandales désormais célèbres comme celui de 1962 résumés par Guy Durand : La naissance, en 1962, de plusieurs enfants atteints de malformations congénitales importantes, telles que des membres manquants, séquelles de l’ingestion par leur mère durant la grossesse d’un médicament nommé thalidomide. [...]
[...] Entre le Serment et le Code de Nuremberg, nous n’avons pas une quantité suffisamment conséquente de traités, voire de textes éthiques marquants. Si le Code de Nuremberg a suscité une prise de conscience inédite tributaire des avancées scientifiques du monde moderne, c’est parce que le monde ne pensait pas que de telles atrocités auraient pu être commises un jour. Nous pouvons penser, pour étayer notre propos, à la phrase de David Rousset que l’on retrouve dans la préface du Système totalitaire de Hannah Arendt, à savoir que Les gens normaux ne savent pas que tout est possible Mais n’y aurait-il pas autre chose derrière cela ? [...]
[...] KANT, Emmanuel. Critique de la raison pratique ; Fiolo Essais ; 1993. KANT, Emmanuel. Fondements de la métaphysique des mœurs. Delagrave ; Paris ; 1997. KANT, Emmanuel. La religion dans les limites de la simple raison ; Vrin ; 1983. KANT, Emmanuel. Vers la paix perpétuelle. [...]
Dans quelle mesure peut-on être un DRH éthique de nos jours ?
«Les enjeux. L'ethique et la philosophie. Les principes de l'ethique et les referentiels. Les referentiels modernes. L'ethique actuelle: athique, morale ou deontologie?. L'ethique des affaires. Ethique et management des ressources humaines. Presence de l'ethique dans les entreprises. Les acteurs de...»
«Aujourd'hui la société se mondialise, les systèmes de communication de plus en plus performants nous font découvrir les multiples aspects des différents modes de vie. Si cette approche améliore la condition humaine, elle peut aussi faire émerger des idées néfastes, engendrer des dérives. Pour...»
La régulation de la vie économique: entre éthique et droit
«L'éthique-liberté. Coexistence du système économique et du système juridique au travers de l'autorégulation par l'éthique. Coordination du système économique et du système juridique au travers de l'autorégulation par l'éthique. L'éthique-responsabilité. La perception éthique du droit pénal des...»
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Pourquoi s'engage-t-on ?
«De l'impératif du citoyen actif, à l'individu calculateur, l'engagement est le reflet de contraintes structurelles. L'impératif du citoyen actif. Typologie des logiques de l'engagement. L'engagement, une dynamique au nom de valeurs ?. Pour une analyse processuelle de l'engagement. Les raisons de...»
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Le concept de violence dans les sociétés contemporaines
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